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Rachid Taha, à propos de la chanson Douce France

  • Cote :

    NUMAUD/0013/072

  • Date :

    1992

  • Description physique :

    Importance matérielle : 2 min

  • Présentation du contenu :

    Documentaire (extrait).

    Dans cet extrait tiré du documentaire Sweet France / Douce France, la saga du mouvement beur (version 52 min. - 1992), Rachid Taha revient sur ses motivations pour sa reprise de la célèbre chanson de Charles Trenet par le groupe de rock lyonnais Carte de Séjour.

    « Partout où on va, c'est Le Pen qui ressort. Le Pen, Le Pen, on n'a plus de vie. Cette génération, on craque complètement, on commence à en avoir marre, alors on fait tout ça pour dire qu'on ne le veut pas au pouvoir. » Propos recueillis lors du grand rassemblement Marseille Fraternité, le 23 juin 1987. Deux ans auparavant, au concert organisé par SOS Racisme place de la Concorde à Paris, Rachid Taha et le groupe rock Carte de Séjour reprend devant 200 000 personnes la célèbre chanson Douce France de Charles Trenet, dans une version réarrangée avec l'accent arabe forcé et ironique de Rachid Taha et des instruments musicaux comme l'oud et la derbouka.

    Avec son art de la provocation et du contre-pied, Rachid Taha s'interrompt soudainement, et interpelle la foule. « Ça vous va ou pas ? Il y en a qui grince des dents, hein ? On touche au patrimoine ? C'est le notre aussi. Oui ou non ? Si vous êtes là, c'est que vous êtes d'accord avec nous ? Charles Trenet, on peut le chanter nous ? Ouais ? Non ? Il y a des Arabes qui disent Non! » Brouillage des repères garanti.

    En 1992, Le Pen et des jeunes du Front national défilent nombreux le 1er mai à Paris aux cris de « La France aux Français ». A Lyon, look de rocker soigné, Rachid Taha explique le sens de la reprise de cette chanson : « Douce France, c'était pas qu'un truc sur les Beurs, mais une remise en cause en général de la société française. La chanson, elle date des années 40 quand même, pendant l'occupation allemande. C'était pour dénoncer le fascisme, rampant, qui existe encore. Une manière douce de le dire, mais aussi une manière violente de le dénoncer. » A rebrousse-poils de l'interprétation « vieille France » de cette chanson par un Charles Trenet généralement perçu comme guilleret et insouciant, la version de Rachid Taha indique ironiquement que la France n'est douce ni pour les immigrés ni pour les Français.

    Au générique de fin, l'amorce de la chanson Samaou (Écoutez-nous) de Carte de Séjour se conclut par un furtif « qu'est-ce qu'en t'en penses ? »

    Fiche technique : Format d'origine :

    Interview de Rachid Taha par Ahmed Boubeker.

    Extrait du documentaire Sweet France, de Mogniss H. Abdallah et Ken Fero

    musique Samaou - Carte de Séjour, 1982

    Co-production agence IM'média / Migrant Media - 1992

  • Langue : anglais

    eng

    sous-titré en

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