La Voix des femmes
Le 09/07/2015 à 17h47 par Frederique Joannic-Seta
Résumé

Après The Suffragette et les militantes britanniques, nous vous proposons de découvrir La Voix des femmes, un titre emblématique de la tendance radicale du féminisme dit de « la première vague » en France.

Plus modéré qu’en Grande-Bretagne, le suffragisme en France s’incarne au 19è siècle à travers « la voix » de plusieurs militantes. Parmi les pionnières, Hubertine AUCLERT (1848-1914) première militante française à se déclarer féministe en 1880, Marguerite DURAND (1864-1936) fondatrice en 1897 du quotidien La Fronde « rédigé, composé, administré uniquement par des femmes » et Madeleine PELLETIER (1874-1939), médecin, première femme interne en psychiatrie.

 

 

 

Une du n° 1, mercredi 31 octobre 1917 « Groupons-nous, et Demain … » 

 

 

La Voix des femmes voit le jour en 1917, une année où l’opposition à la guerre trouve un écho de plus en plus large dans l’opinion publique. En mai, des mutineries éclatent sur le front après le désastre de la bataille du Chemin des Dames et à Paris des ouvrières entament des grèves dans les usines. 1917 est aussi l’année de la condamnation de l’institutrice et militante syndicaliste Hélène BRION (1882-1962) pour « propagande défaitiste ». Jugée devant le premier Conseil de Guerre, elle sera condamnée à trois ans de prison et révoquée de l’enseignement.

 

S’affirmant d’emblée comme un « organe de défense et de lutte » avec des slogans tels que « A travail égal, salaire égal », la rédaction du journal est mixte et  on relève parmi les signatures du N°1 celles des journalistes féministes pacifistes Marcelle CAPY (1891-1962) et Louise BODIN (1877-1929) ainsi que du politique Georges PIOCH (1873-1953). « Politique, sociale, scientifique, artistique », La Voix des femmes est une publication sensible. Sur les 58 numéros parus entre octobre 1917 et février 1919, quasiment tous auront été censurés par le « Bureau de la presse », dès la une à l’exemple du n° 14 ci-dessous ou bien en pages intérieures. 

 

 

 

Une du n° 14, 30 janvier 1918  « Cliché et légende censurés ».

 

 

Camille GUEDON

 

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  • On ne parle pas assez de la guerre des femmes en 1914-18. Ainsi Eugénie Croix, une fois son mari parti au front, est la seule enseignante au village de Tortequenne, près d' Arras et Vimy. Pendant l'occupation par les troupes allemandes, elle enseigne et assure le ravitaillement. Elle connaît ensuite, au moment de l'offensive anglo-canadienne d'avril 17, avec les 283 autres habitants et sa fille âgée de 8 ans, l'évacuation en wagons à bestiaux vers la province belge de Namur, à Ohey précisément où elle enseignera jusqu'en juillet. Puis c'est de nouveau l'évacuation à travers toute l'Allemagne jusqu'à Evian où elle est rapatriée chez ses parents à Berck-sur-mer. D'octobre 1917 à juillet 1919, elle enseigne au Touquet et à Berck où elle sera même inspectée ! En octobre 1919, son mari et elle sont "réinstallés" et enseignent dans leur village dévasté et sans école. Bien que très portée sur l'histoire de cette période, c'est à travers les dossiers d'instit. que je découvre tout un pan de l'histoire .
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